L'Île-de-France, une nouvelle forme de "viti-culture".

Au même titre que nos prestigieux voisins bourguignons et champenois, l’Île-de-France a porté durant des siècles un vignoble d'exception. La qualité des vins produits y était reconnue dans toute l’Europe. Durant tout le Moyen Age, les surfaces n'ont cessé de progresser pour atteindre, dans la première moitié du 19ème siècle, les 42000 hectares. Mais à l'orée du 20ème siècle, après 1500 ans d'histoire, soumisse à d'innombrables facteurs défavorables, la culture de la vigne a peu à peu disparu de notre patrimoine et de nos paysages.

Aujourd'hui, un petit vignoble péri-urbain renaît en Île-de-France, chacun a pu apercevoir quelques ceps de vigne blottis au creux d'un vallon de Seine-et-Marne ou appuyés aux flans des coteaux de Montmartre, de Suresnes ou au cœur d'un parc nouvellement créé. La culture de la vigne, petit à petit, refait surface dans nos paysages urbains et dans notre imaginaire collectif. 

 

Mais, au regard des régions viticoles reconnues, en quoi ces nouvelles vignes d'Île-de-France représentent-elles une nouvelle opportunité, une nouvelle force de proposition ? Qu' ont-elles de spécifique ? 

Un paradoxe éclaire de manière intéressante ce renouveau viticole. Depuis des décennies, les vins d'Île-de-France sont interdits à la vente. Et face à cet inconvénient majeur, dénué de ces ressources traditionnelles et de ces fonctions commerciales, ce petit vignoble renaît et progresse malgré tout. Nous assistons  donc ici, en Île-de-France, à la naissance d'une nouvelle vocation viticole.

 

Une "Viti-Culture" qui répond aux besoins, aux attentes d'une population vivant en milieu fortement urbanisé.

Une "viti-culture" non plus productiviste comme c'est la tradition, mais sociale, ouverte, pédagogique, participative, source de liens, d'échanges et de partage. Une "viti-culture" de transmission comme un trait d'union entre modernité et tradition. Une viti-culture respectueuse de l'environnement où chacun, au rythme des saison et les mains dans les feuilles se ressource et se fait du bien, où chacun lors de ces moments d'initiation et de découverte partage ces moments de convivialité tant rechercher.  

 

Pour les collectivités, les municipalités, les urbanistes, ces nouvelles parcelles de vigne sont l'occasion de préserver un patrimoine, de faire revivre une histoire, de renforcer l'identité d'un lieu. Elles sont aussi l'occasion de promouvoir une urbanisation respectueuse et humaine, de proposer de nouveaux types d'espaces verts, plus dynamiques et interactifs, pleinement inscrits dans l’esprit du développement durable. 

 

Une "Viti-culture" comme outil d'animation qui permet de mieux vivre la ville et participe pleinement au bien vivre ensemble.